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Provenant du monde entier, les témoignages de membres du Mouvement de Lausanne racontent comment ils protègent leur temps de repos et de sabbat sur une base quotidienne, hebdomadaire et saisonnière.

Du Pakistan à la Hongrie, du Kenya aux États-Unis, nous sommes nombreux à avoir du mal à vivre le sabbat et le repos. Que nous soyons des dirigeants occupés ou des personnes ordinaires, nous vivons des périodes de crise et des temps charnières, avec pour toile de fond un monde en souffrance. Certains d’entre nous sont au bord de l’épuisement chronique et ont compris qu’ils devaient trouver un moyen de faire marche arrière, d’autres sculptent lentement leur vie dans les rythmes du repos.

Nous espérons que le partage de certaines de nos pratiques, qui peuvent paraître anodines, de nos luttes et quelques bribes de sagesse, vous encouragera à votre tour à goûter à la joie et au cadeau intrinsèques au fait de se reposer dans le Seigneur.

Pour commencer, voici des histoires plus longues de sabbat. Vers la fin de l’article, vous trouverez, accompagnée d’autres ressources, une liste de pratiques quotidiennes et hebdomadaires proposée par notre personnel.

Des crises de santé conduisent à trois évolutions vers le sabbat

« En 2009, une grave angine de poitrine a été le premier signal d’alarme d’un cœur en souffrance dont la condition a été attribuée principalement au stress de mon service pour Dieu. Plus tard, en 2018, j’ai connu une période prolongée de sept mois de dépression que je suis arrivé à décrire comme une “ nuit noire de mon âme ˮ. Ce n’est donc vraiment qu’en 2019 que mes saines disciplines de repos sabbatique ont commencé à émerger.

le Seigneur m’a incité à passer de la pratique routinière de ma liste de tâches quotidiennes à des rythmes hebdomadaires réfléchis autour des rôles significatifs que je pouvais avoir dans la vie.

J’ai tout d’abord été frappé par les écrits de Pete Scazzero, où il dit que les versets relatifs au sabbat sont plus nombreux que tous ceux qui parlent des dix autres commandements dans le récit d’Exode 20. Sur le plan de mon culte personnel, cela a fait évoluer ma compréhension du repos sabbatique vers les thèmes de l’adoration, de la dépendance et du plaisir de Dieu, et de la croissance à sa ressemblance : c’était un renouvellement important de l’esprit dont j’avais grand besoin.

 

Deuxièmement, le Seigneur m’a incité à passer de la pratique routinière de ma liste de tâches quotidiennes à des rythmes hebdomadaires réfléchis autour des rôles significatifs que je pouvais avoir dans la vie. Ce fut la première fois que j’ai pu prendre un jour de repos hebdomadaire tout en respectant les priorités essentielles. Avec cette évolution d’un rythme quotidien à un rythme plutôt hebdomadaire, de nouvelles habitudes transformatrices se forment peu à peu en moi.

Troisièmement, les leçons interculturelles rendues possibles au travers des amis de la famille du Mouvement de Lausanne ont renforcé mon nouvel apprentissage du sabbat. Maintenant, je comprends mieux que les vacances sont des jours saints, et que les congés annuels sont source de vie. »

(NdT. l’auteur s’appuie ici sur un jeu de mots anglais, à partir de l’étymologie de « vacances »  holidays  qui dérive de «holy days»  jours saints.)

Nana Yaw Offei Awuku (Ghana), directeur associé mondial, en charge de Générations

Aimer les autres de manière sacrificielle par opposition à se reposer dans le Seigneur

« Nous vivons actuellement une période inhabituelle où des amis très proches de ma famille traversent une crise de santé qui bouleverse leur vie. Au cours du mois dernier, j’ai passé (avec ma famille) d’innombrables heures à m’occuper d’enfants, à apporter mon soutien à des malades hospitalisés, à mobiliser des intercesseurs et à m’occuper de logistique. Je ferais plus encore, et avec bonheur, si je le pouvais. Les vertus bibliques d’amour sacrificiel et de miséricorde résonnent profondément en moi.

Le repos et le sabbat sont nécessaires, même s’il faut dire non à de bonnes et importantes opportunités et nécessités.

Mais aujourd’hui, alors que la crise immédiate se transforme en une situation de longue durée, je me trouve tellement vidée, tributaire et dépendante du temps, que le repos et le sabbat ont presque disparu. Je dois prendre au sérieux ce que je sais être vrai, mais que j’ai du mal à mettre en pratique : je ne peux pas donner sans fin si je suis vide. Le repos et le sabbat sont nécessaires, même s’il faut dire non à de bonnes et importantes opportunités et nécessités.

Pour moi, en cette saison de ma vie, je dois choisir spécifiquement et activement de faire confiance à notre Dieu, qui est assez grand pour subvenir aux besoins de mes chers amis, indépendamment de ma capacité à m’impliquer à leur côté. Même si j’ai été en mesure de leur apporter une aide pratique importante pendant cette période, je ne peux pas être la solution définitive pour eux. Je peux encore les aider, être une amie proche qui marche avec eux sur ce nouveau chemin, mais je dois aussi gérer fidèlement les relations et les obligations que Dieu m’a déjà données. Or cela m’est impossible, si je n’ai pas de temps, pas de lien solide avec le Seigneur et pas de repos pour mon âme.

Il est difficile de trouver la juste tension entre s’épancher par amour et être sage et fidèle. C’est justement l’objet des interrogations intenses avec lesquelles de me débats en ce moment. L’exemple parfait nous le trouvons en Jésus : il a su répondre à une multitude de besoins, sans oublier de se retirer régulièrement pour se connecter à son Père et se reposer. Une chose particulièrement reposante pour moi en ce moment a été de me perdre dans la prière et la louange musicale, d’affirmer la souveraineté, la puissance et l’attention intime de Dieu pour toutes les personnes impliquées dans cette situation, et de prononcer le nom de Jésus en rapport avec les besoins et les blessures de cette vie. »

Amy Hurst (USA), Assistante de développement

Protéger le repos d’une jeune mère active

« Pour une jeune mère active, le repos peut être impossible à trouver lorsque vous devez jongler avec les tâches ménagères, les soins au bébé et le travail. Je me suis donc entraînée à dormir quand le bébé dort, à accepter l’aide qu’on me propose et à demander de l’aide quand j’ai besoin de me reposer. Je sais maintenant qu’il n’y a pas de mal à refuser les visites à domicile ou les responsabilités et invitations supplémentaires, afin de pouvoir me reposer et ne pas m’inquiéter des choses à faire, tant que je ne me sens pas prête à le faire. J’ai appris à rester loin de mon téléphone. Cela me permet de contrôler ce à quoi je pense quand je me repose. Une chose importante aussi est le fait de communiquer à votre conjoint ou à la personne avec laquelle vous vivez quelles sont vos intentions et de quelle période de temps vous avez besoin pour vous reposer. »

Donnah Odera (Kenya), coordinatrice des projets GJL

Stratégies pour gagner la lutte en faveur du respect du sabbat

« Malheureusement, le respect du sabbat est un combat permanent. Je pourrais dire que cette lutte est le résultat de l’époque que nous vivons, toutefois la fréquence des réprimandes bibliques concernant le non-respect du sabbat laisse penser qu’il s’agit d’une bataille séculaire. La plupart d’entre nous sommes plus attachés au respect du sabbat comme un article de foi que comme une pratique, nous le désirons davantage que nous ne sommes capables de le respecter. Il semblerait que nous ne puissions entrer pleinement dans le repos de Dieu que lors du retour final de Jésus et de la complète victoire sur l’état déchu de l’humanité. Cela dit, tout comme nous résistons au péché en général, il vaut la peine de défendre la cause du sabbat !

Je considère le repos comme une forme de culte, car je fais confiance à Dieu pour faire plus que ce que je peux faire.

J’ai découvert que j’ai tendance à gagner la bataille quand :

  • Je planifie d’abord mon sabbat, et planifie ensuite mon travail autour de lui ;
  • Je trouve des rythmes réalisables et reproductibles ;
  • Je considère le repos comme une forme de culte, car je fais confiance à Dieu pour faire plus que ce que je peux faire ;
  • Je me repose pour ce à quoi Dieu m’a appelé plus que je ne me repose de mon travail ;
  • J’informe les autres de mes périodes de repos et nous nous tenons mutuellement responsables. »

Jurie Kriel (USA), co-responsable de l’équipe de mobilisation Néhémie pour L4

Être à l’écoute du moment présent

« Être présente et vivre l’instant présent, voilà ce que j’essaie de pratiquer chaque jour. Les occasions ne manquent pas : lorsque j’écoute mon enfant rire, que je la regarde explorer ou que j’apprécie les mimiques expressives de son visage. Quand je m’assieds avec une tasse de thé dans notre jardin et que j’écoute le chant des oiseaux, quand je sens la brise fraîche sur mon visage ou que je regarde mes fleurs s’épanouir et mon jardin pousser. Quand je suis capable de dire un mot d’encouragement à un ami qui souffre, ou d’offrir de l’aide à une personne dans le besoin, ou simplement de m’asseoir en silence avec quelqu’un qui a mal.

Être présente, être disponible, être ouverte, être vulnérable – voilà, je crois, ce que Dieu attend de moi et ce qui m’aide à me ressourcer et à me reconstituer. »

Svetlana Stepanenko (USA / Biélorussie), responsable de la traduction et de la localisation

Le sabbat dans le contexte de la souffrance du monde

« Le repos du sabbat consiste à se reposer dans la présence de Dieu et à jouir de son essence, sa miséricorde indéfectible et son amour infaillible. Lors de mes promenades matinales quotidiennes, tout en méditant sur la parole de Dieu, je trouve un tel repos et me sens revigorée – physiquement, mentalement, émotionnellement, spirituellement – en discernant la bonté de Dieu dans le soleil levant à l’aube, le gazouillis des oiseaux matinaux et l’éclosion des fleurs printanières.

Mais récemment, j’ai été confrontée à ceux qui souffrent à cause de la guerre, de la maladie, de crimes et d’autres injustices. Peuvent-ils trouver le repos du sabbat même au milieu d’une telle souffrance ? Dans le psaume 23, le psalmiste ne profite pas seulement des verts pâturages et des eaux tranquilles, il fait également l’expérience de la vallée la plus sombre. Pourtant, il répond par la confiance : “ Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ta houlette et ton bâton me rassurent ˮ. »

Loun Ling Lee (Royaume-Uni), Rédactrice en chef de l’AML

Une manne pour les temps difficiles

« Lorsque la quarantaine pour raison de COVID était en vigueur, ma famille profitait du sabbat comme nous en avions seulement rêvé auparavant : nourriture cuisinée la veille, pas d’écrans, culte familial, puzzles et jeux de société, promenades sur la route qui faisait une boucle vers le bas et vers la gauche entre les rizières.

Puis nous avons connu la perte, la confusion et le traumatisme. Et j’ai essayé de réapprendre ce que signifie le repos, le sabbat. Rien que pour se sentir bien. La seule chose que je savais faire était de retourner sur mes pas : j’ai récupéré un bréviaire dans un couvent épiscopal où j’avais trouvé refuge à plusieurs reprises il y a plusieurs décennies. Et je lis les matines à voix haute. Je lis les laudes, les vêpres, les complies. Je n’ai pas lu – et ne lis toujours pas – tous ces offices chaque jour. Chaque jour, il y a peut-être un office qui franchit mes lèvres. Mais je prends ce livre et je lis ces prières, ces psaumes et ces textes liturgiques. Je mets ces mots sur ma langue, ouvertement humaine, désespérée et dans la communion des saints.

Au milieu d’un traumatisme éprouvant, elles se sont reposées, conformément au commandement.

Ce processus, qui consiste à passer de plusieurs mois de sabbat exalté à un retour en arrière, grâce à une pratique spirituelle passée, a une origine sacrée. Je pense aux disciples, en particulier aux femmes disciples qui ont voyagé avec Jésus. Ils et elles ont fait de nouvelles expériences de sabbat et de repos dans la présence de Dieu. Parcourant ces routes, faisant des boucles entre les champs, avec Jésus. Et puis Jésus a été mis à mort : il y a eu perte, confusion et traumatisme. Et tout de suite, c’était le moment du sabbat : “ Les femmes – celles-là même qui étaient venues de Galilée avec lui – suivirent, elles virent le tombeau et la manière dont son corps y fut mis, et elles retournèrent pour préparer des aromates et des parfums. Puis, pendant le sabbat, elles observèrent le repos, selon le commandement ˮ (Luc 23, 55-56 NBS).

Les femmes ont fait ce qu’elles savaient faire. Au milieu d’un traumatisme éprouvant, elles se sont reposées, conformément au commandement. Elles se sont reposées dans la Parole. Qui sait ce que les femmes ont entendu de la part du Seigneur pendant ce sabbat particulier ? Mais une chose est sûre : elles auront récité les prières et les versets habituels. Ces vieux mots qui leur avaient appris à être humaines – et saintes – pendant tant d’années. En ce jour le plus difficile, les mots étaient sur leurs langues comme de la manne. De même, je goûte la manne du bréviaire et me repose en Dieu en ces jours. C’est ce que je sais faire. »

Darcy Luetzow Staddon (USA/Japon), assistante exécutive du directeur exécutif mondial

Routines quotidiennes et hebdomadaires

  • « Chaque jour, je me lève tôt et je consacre une heure à la lecture de la Bible, à la rédaction d’un journal, à la dévotion et à la prière. Cela me permet de rester concentré et à l’écoute du Seigneur tout au long de la journée. Pendant mon jour de congé, je mets de côté tout le travail électronique, y compris le courrier électronique, l’ordinateur, l’écriture, les devoirs, etc., et je fais quelque chose que j’aime faire, comme une promenade à vélo, la visite d’un marché aux puces ou le travail dans le jardin. » – Brent Burdick (USA), directeur de Lausanne Global Classroom
  • « Assister au culte et vivre le repos communautaire ne sont pas négociables dans notre famille. Pendant la semaine, je trouve utile de commencer la journée par la lecture de la Bible et la prière avec l’aide de différentes ressources comme des livres d’étude, SheReadsTruth ou Precept. Et puis les promenades quotidiennes dans le parc ou près de l’eau m’aident à poursuivre la conversation avec le Seigneur. » – Anna Chviedaruk (Bélarus), responsable des opérations
  • « La plus grande chose que nous faisons pour protéger notre temps de sabbat est d’éteindre la technologie pour la journée. Cela nous permet de nous concentrer sur les relations et le repos (youpi, les siestes !), et cela nous libère de la tentation continuelle d’être attiré par le travail ou les médias sociaux. » – Justin Schell (US), Directeur des projets exécutifs
  • « Au-delà de mon rôle dans le Mouvement de Lausanne, je suis également pasteur d’une Église. J’ai décidé que le lundi serait mon jour de repos. Même si je suis un extraverti, après une semaine de réunions Zoom et un dimanche chargé, j’ai vraiment besoin de temps pour faire le plein d’énergie, sans aucune interaction humaine en dehors de ma famille. Je ne prévois pas de réunions ou d’appels le lundi, et j’ai configuré mon téléphone pour qu’il ne laisse passer aucun appel, message ou notification. Seule ma femme fait exception. » – Attila Nyari (Hongrie), chef de cabinet
  • « Le repos et le sabbat avec de jeunes enfants peuvent souvent être plus un rêve qu’une réalité. Au début de ma vie avec les petits, j’ai pris un engagement envers moi-même : je passerais du temps à l’extérieur pour courir, tous les jours. C’est en courant que je me suis souvent sentie le plus proche de Dieu. Mais quand j’ai dû m’occuper d’autres petits humains, je ne savais pas trop comment faire de cette priorité une réalité. Les réveils sont précoces – 4h30 – mais le sacrifice d’une heure de sommeil supplémentaire en vaut la peine. Cet engagement est devenu mon refuge, mon repos, mon ressourcement. Les prières deviennent un long dialogue avec le Seigneur au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Pendant les saisons les plus chargées, je peux toujours compter sur mes courses pour me reposer et me rafraîchir, et j’en suis très reconnaissante. » – Sarah White (USA), directrice des opérations
  • « [Lors de mon sabbat], je dors généralement un peu plus longtemps. J’essaie de me tenir éloigné de mon téléphone et de mon ordinateur. Après le petit-déjeuner, je m’assois généralement seul et je médite, ce qui m’aide à me calmer et à penser clairement. J’essaie de lire les Écritures ou un autre livre, ce qui est mon moment préféré de la journée. Je cuisine pour ma famille ou je l’emmène à une activité récréative. Plus tard, je rends visite à des amis et ensemble nous chantons et prions. Tout cela ne fait pas partie de ma routine quotidienne, alors pendant le sabbat, je fais tout cela afin d’avoir l’énergie et une perspective nouvelle pour toute la semaine suivante. » – Yaksan Azam (Pakistan), responsable du contenu en ligne et rédacteur vidéo de Global Classroom
  • « Depuis le début de notre mariage, ma femme et moi avons désigné un jour par semaine où nous mettons de côté notre travail habituel pour passer du temps l’un avec l’autre et avec le Seigneur, en faisant des choses qui nous font du bien, en changeant de rythme, en mettant de côté notre travail habituel et en incluant généralement du temps dans la création de Dieu. Au fil des années, nos habitudes ont changé, en fonction de l’âge et du stade de développement de nos enfants, de nos rôles professionnels et de nos engagements dans l’Église. Mais, de même que j’ai besoin de temps au début de chaque journée pour être seul avec Dieu, afin de puiser des forces pour la journée à venir, j’attends avec impatience le jour par semaine où ma femme et moi pouvons nous reposer et nous faire du bien ensemble. » – David Bennett (USA), directeur associé mondial pour la collaboration et le contenu
  • « Je fais une sieste tous les jours, et je marche la nuit sous les étoiles pour prier. La brève pause pour mon corps dans la journée et la pause pour prier dans l’obscurité à l’extérieur la nuit rafraîchissent toutes deux mon âme de façon régulière. » – E.D. Burns (US), directeur du contenu

Ressources pour le repos et le sabbat

Nous vous recommandons les ressources suivantes pour en savoir plus sur le repos et le sabbat :

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