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Que se passe-t-il une fois que tout le monde est rentré chez lui ?

Vingt ans de récits provenant de deux rassemblements qui n’ont jamais vraiment pris fin — et une invitation au prochain.

Michael du Toit 31 juillet 2026

Le moment dont je me souviens le plus à Jakarta n’était pas inscrit au programme.

C’était en 2016, et j’étais bénévole au Rassemblement de Jeunes Responsables — l’un de ces anonymes travaillant en coulisses, à imprimer des panneaux et à guider les participants égarés vers les bonnes salles. L’un des derniers soirs, je me tenais au fond de la salle et je regardais le millier de jeunes responsables venus du monde entier qui chantaient ensemble. Des langues différentes. Des accents différents. Un seul chant. Je me souviens m’être dit : je ne savais pas que l’Église était aussi grande. Ni aussi jeune. Ni aussi vivante.

Le rassemblement n’a jamais été un but en soi. Le but, c’est ce qui se passe une fois que tout le monde est rentré chez lui.

J’étais venu à ce rassemblement pour servir. Je suis reparti le cœur bouleversé. Cette semaine m’a ouvert les yeux sur l’Église mondiale et sur ce que Dieu accomplissait bien au-delà de mon petit coin du monde. Je ne m’en suis jamais vraiment remis — et c’est ainsi que, des années plus tard, je me suis retrouvé à servir à plein temps au sein du Mouvement de Lausanne.

Mais voici ce que j’ai appris depuis : le rassemblement n’a jamais été le but. Le but, c’est ce qui se passe une fois que tout le monde est rentré chez lui.

Cette année 2026 marque deux anniversaires. Il y a vingt ans, en 2006, de jeunes responsables du monde entier se sont réunis en Malaisie. Il y a dix ans, ils se sont réunis à Jakarta, en Indonésie. Chaque événement a duré environ une semaine. Puis chaque participant a repris l’avion, est retourné dans son Église, à son travail, dans son village ou sa ville, et c’est là que la véritable histoire a commencé. Depuis, nous n’avons cessé de recueillir des témoignages. En voici quelques-uns.1

Des amies qui le sont restées

Après Jakarta, Martha Wame est rentrée chez elle en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais elle n’est pas rentrée seule — pas vraiment. Lors du rassemblement, elle avait rencontré un groupe de femmes engagées dans un service pour Dieu, venues du monde entier, et elles sont restées en contact.

Huit ans plus tard, elles prient toujours les unes pour les autres. Martha raconte comment, un jour, elle était en train de se déplacer avec son canoë en pleine journée lorsqu’un message est arrivé sur WhatsApp de la part de son amie de Trinité-et-Tobago : « L’une de vous est-elle réveillée ? J’ai besoin que quelqu’un prie avec moi. »

Martha Wame, de Papouasie Nouvelle Guinée

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« Je ne peux pas vous dire à quel point cette relation avec mes sœurs a été importante, déclare Martha. Puissiez-vous, vous aussi, profiter de l’amitié de votre famille mondiale, tout comme j’ai profité de l’amitié de mes sœurs du monde entier. »

Abdulkadir Adewale Adams, du Nigeria, raconte une histoire similaire. À Jakarta, il a rencontré Dave, un Américain qui est devenu, selon ses propres mots, « un ami qui est plus comme un frère ». Des années plus tard, Abdulkadir a été invité au rassemblement mondial du Mouvement de Lausanne en Corée du Sud, mais il n’avait pas les moyens de payer le billet d’avion et il avait déjà décidé de ne pas y aller. Dave a fait tout ce qu’il a pu pour qu’il n’abandonne pas. Il l’a encouragé, a prié avec lui, puis a mobilisé son propre réseau pour récolter l’argent nécessaire à l’achat du billet.

Abdulkadir Adewale Adams, du Nigeria

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Une semaine en Indonésie s’est transformée en une décennie de fraternité entre deux continents. Ce n’est pas le résultat d’une conférence. C’est une famille.

Les vocations qui ont surpris tout le monde

Tous ne repartent pas d’un rassemblement comme celui-ci avec des certitudes. Certains repartent avec de meilleures questions.

En 2016, Isac Abimanyu supervisait une plantation de palmiers à huile en Papouasie, en Indonésie : une belle carrière, des centaines d’employés, et le sentiment tranquille et persistant que Dieu l’appelait ailleurs. Il est allé à Jakarta en se demandant s’il devait faire de la théologie. Au cours de la semaine, quelqu’un l’a mis au défi de lire un livre parlant de tout abandonner pour suivre Jésus. Le soir même, grâce à ce qui, selon lui, ne pouvait-être qu’un « rendez-vous divin », il a rencontré un homme lié à l’édition indonésienne de ce livre — qui lui en a remis un exemplaire.

« J’ai eu l’impression que Dieu s’adressait directement à moi », raconte Isac. Il s’est inscrit en études de théologie l’année suivante.

Mais voici un rebondissement inattendu : Isac était convaincu d’être appelé à un travail parmi les jeunes. Au lieu de cela, Dieu l’a envoyé dans une Église rurale où plus de la moitié des personnes avaient plus de soixante ans, et dont beaucoup cultivaient le tabac. Il passe désormais ses journées à accompagner des personnes arrivées au terme de leur vie — et il n’échangerait cela pour rien au monde.

 Isac Abimanyu, d’Indonésie

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« L’appel de Dieu peut changer, dit-il, et nous devons être prêts à le suivre où qu’il nous mène. »

Ce genre de surprise a été vécue par Yeda Tin Yee Hong, du Canada. Elle est arrivée au rassemblement en Malaisie en 2006, s’attendant à ce que Dieu l’appelle à un ministère à plein temps dans l’Église. Au lieu de cela, elle a senti qu’il lui disait une chose à laquelle elle ne s’attendait pas : « Reste là où tu es. » Son bureau, sa profession, son univers professionnel quotidien : voilà quel était son champ missionnaire. Vingt ans plus tard, elle y est encore. « Il m’a placée dans une position stratégique pour répandre l’Évangile », dit-elle.

Yeda Tin Yee Hong, du Canada

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L’œuvre qui s’est multipliée

Certaines histoires se racontent en chiffres

Francis Osteen, originaire du Ghana, a participé à ce même rassemblement de 2006 en Malaisie. Ce qu’il y a appris a réorienté toute sa vie vers les missions en Afrique de l’Est. Au cours des vingt années qui ont suivi, lui et ses équipes ont implanté plus de 25 Églises au Kenya, en Ouganda et au Rwanda, dans des communautés où la bonne nouvelle de Jésus n’avait jamais pris racine auparavant.

 Francis Osteen, du Ghana

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« C’est grâce à la formation de jeunes responsables, dit-il simplement, que je suis le missionnaire que je suis aujourd’hui. »

Sam Monono, originaire du Cameroun, est allé à Jakarta en 2016 et a suivi un atelier de développement du leadership. De retour chez lui, il a commencé à transmettre à d’autres responsables ce qu’il avait appris — qui l’ont à leur tour transmis à d’autres. « Beaucoup peuvent en témoigner, dit-il, j’ai pu transmettre ce que j’ai reçu à de nombreuses personnes qui ont croisé mon chemin. » Une semaine de formation a déclenché une réaction en chaîne dans un pays traversant des années de crise.

Sam Monono, du Cameroun

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Et puis il y a Daniel Thomas, originaire de la Jamaïque, qui a passé ses premiers jours à Jakarta à se demander s’il y avait vraiment sa place. « Je ne me sentais pas vraiment à ma place à 100 pour cent », admet-il. Mais grâce aux relations et au soutien qui ont suivi — notamment une bourse qui a financé son master en leadership —, il est devenu le dirigeant d’un mouvement national de jeunesse. Aujourd’hui, son organisation accompagne des femmes confrontées à des grossesses non désirées, en leur apportant un soutien à la fois concret et spirituel. Récemment, il a été réveillé un matin par une bonne nouvelle : un autre bébé était né d’une mère dont son équipe s’était occupée.

Daniel Thomas, de la Jamaïque

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« Je me suis tant de fois senti seul, confie Daniel. Lausanne a été un lieu où j’ai reçu énormément d’encouragements et de réconfort. »

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela maintenant ?

En mars prochain, cela recommence.

Du 16 au 22 mars 2027, quelques 1 200 responsables émergents — âgés de 25 à 35 ans et issus de presque tous les pays du monde — se réuniront dans l’État de São Paulo, au Brésil, tandis que des centaines d’autres se joindront à eux en ligne, à l’occasion du Quatrième rassemblement des jeunes responsables (YLG 4). Et ce rassemblement n’a pas été conçu comme une expérience d’une semaine seulement. Il sera le coup d’envoi d’un parcours décennal fait de mentorat, d’amitié et de mission commune.

Mais les résultats les plus significatifs de YLG 4 ne seront peut-être pas visibles en mars 2027. Ils pourraient se manifester en 2037 ou en 2047.

Une conversation au Brésil pourrait aider quelqu’un à reconnaître l’appel de Dieu. Une amitié pourrait un jour soutenir un responsable face à une crise. Les paroles d’un mentor pourraient empêcher quelqu’un d’abandonner. Un jeune professionnel pourrait rentrer chez lui avec une nouvelle vision pour son lieu de travail. Un partenariat missionnaire pourrait naître autour d’un repas. Une Église, un mouvement, une école, une entreprise ou un projet communautaire futur pourrait faire remonter une partie de son histoire à cette semaine passée au Brésil.

Nous ne pouvons pas prédire exactement ce que Dieu fera lorsque de jeunes responsables du monde entier se rencontreront. Les expériences de 2006 et 2016 nous montrent toutefois que nous devons nous attendre à ce que l’impact s’étende bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

Si vous êtes un(e) jeune responsable en route pour le Brésil : j’ai été à votre place. Vous vous sentirez peut-être un peu perdu(e), à votre arrivée, comme Daniel. Vous arriverez peut-être avec une question qui vous tenaille concernant votre carrière, comme Isac.

Voici ce que je peux vous promettre, moi qui ai vu cela se produire depuis le fond de la salle : la personne assise à côté de vous au moment du repas pourrait bien être encore à prier avec vous sur WhatsApp en 2037. Venez avide de découvrir. Venez l’esprit ouvert. Dieu a tendance à réaliser ses plus belles œuvres dans des salles comme celle-là.

Et si vous faites partie de ceux qui ont donné — de ceux qui, il y a dix ou vingt ans, ont aidé à mettre un billet d’avion entre les mains d’un jeune pasteur nigérian, d’un missionnaire ghanéen ou d’une jeune femme de Papouasie-Nouvelle-Guinée —, écoutez bien ceci : votre don ne s’arrête pas à la fin de la séance de clôture. Il continuera d’agir. Il prendra la forme de 25 Églises en Afrique de l’Est. Il prendra la forme de bébés nés en Jamaïque. Il prendra la forme d’un cercle de prière à 3 heures du matin qui s’étend sur six fuseaux horaires. Vous n’aurez pas financé un événement. Vous aurez planté un verger qui portera des fruits que vous ne verrez peut-être jamais pleinement de ce côté-ci du ciel.

C’est à vous maintenant

Ces sept témoignages ne sont qu’un début : nous en avons des dizaines d’autres, et nous pensons que vous en avez peut-être un vous-même.

En 1987, 2006 ou 2016, un rassemblement de jeunes responsables a-t-il changé votre orientation, votre vocation ou vos amitiés ? Nous aimerions beaucoup l’entendre. Partagez ici votre histoire avec nous. Votre histoire pourrait bien être exactement l’encouragement dont a besoin un jeune de 26 ans, un peu nerveux, alors qu’il s’apprête à monter dans un avion pour le Brésil en mars prochain.

 Le rassemblement n’est que le début. L’histoire, c’est ce qui se passe une fois que tout le monde est rentré chez lui.

Car le rassemblement n’est que le début. L’histoire, c’est ce qui se passe une fois que tout le monde est rentré chez lui.

Note

  1. Note de la rédaction : Les témoignages présentés dans cet article ont été enregistrés dans les « cabines de témoignage » lors du Quatrième congrès du Mouvement de Lausanne, à Incheon, en Corée du Sud, en septembre 2024. Ces cabines ont servi d’espace sacré où les participant(e)s du monde entier ont pu partager leur témoignage, leurs sujets de prière et donner des aperçus sur leur service pour Dieu dans leur contexte personnel, ainsi que sur leur parcours avec le Mouvement de Lausanne. Nous sommes honorés de vous les transmettre, car ils donnent un aperçu de la manière dont Dieu continue d’œuvrer au sein de son peuple et par son intermédiaire. 

Biographies des auteurs

Michael du Toit

Chief Communications Officer
Issue Networks Advisory Team

Michael du Toit est directeur de la communication et du contenu pour le Mouvement de Lausanne. Il est diplômé du Baptist Theological College of Southern Africa et vit actuellement à Pretoria, en Afrique du Sud.

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