Global Analysis

Aperçu – Mai 2023

Loun Ling Lee Mai 2023

Le Mouvement de Lausanne s’est engagé à dynamiser toute l’Église afin qu’elle apporte l’Évangile dans sa totalité au monde entier. Trois des articles de ce numéro développent ce thème. Ils ont pour source la présentation que les auteurs ont faite lors de la Semaine de la mission mondiale de septembre 2021, au Gordon-Conwell Theological Seminary.

Dans Une vision radicale de toute l’Église : mettre tout le peuple de Dieu en marche pour la mission, Wonsuk Ma, doyen et Professeur émérite de christianisme mondial à l’université Oral Roberts relève « les difficultés que rencontre la mission aujourd’hui dans l’accomplissement de cette vision innovante » : seul un très faible pourcentage des chrétiens actuels sont directement impliqués dans la mission ; « le statut spécialisé et professionnalisé des missionnaires » ; le « paradigme missionnaire qui repose sur un besoin gourmand de ressources », obstacle pratique pour les Églises du sud planétaire. Il avance trois approches pour résoudre ces difficultés : « modeler la mission chrétienne selon une vision biblique » ; « discerner la direction de l’Esprit Saint dans la formation du mouvement missionnaire » ; « ouvrir les yeux sur des pratiques nouvelles et créatives de la mission, partout dans le monde ».

Dans Totalité de l’Évangile et organisation communautaire : transformer la vie pour l’amener à toute sa plénitude, Alexia Salvatierra, doyenne du Centro Latino et professeure associée de Mission et transformation mondiale au Fuller Theological Seminary, affirme : « La totalité de l’Évangile signifie la proclamation et la mise en évidence de l’amour puissant de Dieu en Jésus-Christ ». Elle « illustre comment différentes activités peuvent exprimer et communiquer l’amour du Christ ». Il faut pour cela utiliser les dons précieux que Dieu a donnés pour la transformation et le bien-être de « la personne tout entière », ce qui est valable pour « pour toute famille, toute communauté, et même le monde entier. » Elle donne en exemple puissant un projet conjoint entre une municipalité et le secteur privé, mis en place pour les sans-abris, où, selon sa conclusion, des chrétiens ont travaillé « côte-à-côte avec la société laïque, témoignant de l’amour du Christ qui nous avait motivés. »

« Croyons-nous vraiment que l’Évangile soit destiné au monde entier ? » demande de façon quelque peu provocante Joshua Bogunjoko, dans Le monde entier et les non-atteints : conseils pratiques pour les décideurs. Passant en revue les données émanant de sources diverses, le directeur international de SIM montre que « les actions de l’Église mondiale et notre utilisation des ressources n’ont pas reflété cet appel du Mouvement de Lausanne ». S’appuyant sur une initiative de SIM appelée « Témoins fidèles auprès de communautés oubliées », il décrit le modèle conçu par SIM qui «vise… à placer des centaines de missionnaires supplémentaires en provenance du monde entier dans un projet dont nous croyons qu’il peut faire progresser l’Évangile dans les communautés où le Christ est le moins connu. » Il avance quelques étapes pratiques à l’adresse des responsables d’Église et d’organisations qui sont engagés « à accomplir la tâche urgente et inachevée de faire des disciples de Jésus-Christ dans le monde entier. »

Le monde post-COVID fait partie du monde entier. La Déclaration de Lausanne, née en 1974 du Premier congrès de Lausanne, définit l’évangélisation du monde comme l’exigence pour toute l’Église d’apporter l’Évangile dans sa totalité au monde entier. Près de cinquante ans plus tard, le monde actuel est très différent, encore plus après la pandémie de COVID qui nous a frappés en 2020. « Qu’est-ce qui a changé ? », s’interroge Kirst Rievan. La pandémie va-t-elle nous pousser à aborder certaines interrogations fondamentales quant à notre façon d’appréhender l’Église et les missions ? Dans son article intitulé « Les missions dans un monde post-COVID : qu’est-ce qui a changé ? Kirst, directeur d’une organisation confessionnelle de développement en Asie et dans la région Pacifique, souligne quelques changements importants, conséquences de la perte de vies, de la crise économique, des problèmes de santé mentale, de la réduction du nombre de missionnaires expatriés, des dynamiques de travail et d’autres facteurs induits par la pandémie. Le changement le plus important est probablement dans la manière de concevoir la mission mondiale, qui d’une mentalité « de l’Occident vers le reste du monde » a basculé vers le modèle « de partout vers partout ». Pour conclure, l’auteur nous propose quelques pistes « de réflexion et d’exploitation de nos expériences COVID ».

Nous espérons que les articles de ce numéro nous motiveront à élaborer de nouveaux modèles missionnaires et élargiront la portée des Églises jusqu’à inclure les contrées où il n’y a pas de témoin de l’Évangile.

L’Analyse mondiale du Mouvement de Lausanne est également disponible en portugais, espagnol, anglais et coréen. Veuillez envoyer vos questions et commentaires sur ce numéro à [email protected]. Le prochain numéro paraîtra en juillet 2023.

Biographies des auteurs

Loun Ling Lee

Loun Ling Lee est la rédactrice en chef de l’Analyse mondiale du Mouvement de Lausanne. Elle enseigne la « Lecture missionnaire de la Bible » et le « Dialogue avec les religions du monde » en Malaisie et au Royaume-Uni. Anciennement chargée de cours sur la mission au Redcliffe College, au Royaume-Uni, directrice de la formation pour AsiaCMS basée en Malaisie, mobilisatrice missionnaire pour OMF et pasteure de la Grace Singapore Chinese Church, elle siège au conseil d’administration de OMF UK.