I. Cape Town 2010 – un impact durable

Le Troisième Congrès du Mouvement de Lausanne sur l’évangélisation du monde, qui a réuni, en 2010, plus de 4 200 personnes au Cap, en Afrique du Sud, et environ 100 000 participants supplémentaires sur plus de 650 sites Global Link, a coûté environ 20 millions de dollars. Cela en valait-il la peine ?

Selon David Wills, ancien président de la National Christian Foundation, et Rob Martin, membre du conseil d’administration de First Fruit, Inc., cela a valu chaque dollar dépensé. Ils ont récemment estimé que Cape Town 2010 a augmenté les dons aux missions mondiales de 100 millions de dollars par an au cours des dix dernières années, pour atteindre un total de 1 milliard de dollars. Cela représente un retour sur investissement de 50 pour 1, soit un montant net de 980 millions de dollars pour les missions.

À n’en pas douter, ces chiffres peuvent laisser sans voix, mais en fin de compte le plus grand bénéfice n’a pas été le retour sur l’investissement financier : l’héritage durable et continu de Cape Town 2010 est le retour au royaume des âmes sauvées, les disciples formés et les dirigeants équipés. Cape Town 2010 a entraîné d’innombrables changements de perspective et d’attitude, le partage de meilleures pratiques au-delà des frontières géographiques et l’intersection de multiples disciplines pour découvrir des solutions innovantes.

Même si nous ne connaîtrons jamais tout l’impact de Cape Town 2010, des enquêtes avec des questions ouvertes nous permettent d’en connaître une grande partie. En octobre 2020 – 10e anniversaire du congrès – le Mouvement de Lausanne a organisé une enquête auprès des participants du Cap. Plus de 500 commentaires et récits ont été partagés, dont plus de 99 % relatent des bénéfices positifs dix ans après la participation à Cape Town 2010.

Ce qui suit est un rapport sur les résultats de cette enquête, étoffé par des témoignages recueillis par téléphone auprès de certains participants l’année dernière à l’occasion du dixième anniversaire du congrès.

II. Impact individuel

« Une mosaïque de cultures, de peuples et de langues (…) un aperçu de ce que le livre de l’Apocalypse décrit en parlant d’une foule, de tous peuples, de toutes langues et de toutes tribus adorant Jésus, l’Agneau de Dieu. »

Affirmation de l’enquête : Ce que j’ai appris à Cape Town 2010 a eu un impact sur ma vie et mon ministère. 96 % des répondants sont d’accord (36 %) ou tout à fait d’accord (60 %) avec cette affirmation.

Partout dans le monde, les participants à Cape Town 2010 ont été nombreux à être personnellement stimulés, grâce à ce rassemblement, à démarrer de nouveaux services et efforts missionnaires.

De nouvelles actions d’évangélisation ont été mises en place chez les Marwari (une tribu hindoue autochtone), où plus de 100 Églises de maison ont été créées au cours des dix dernières années ; de même chez les Fulani d’Afrique subsaharienne, où l’évangélisation auprès de la communauté musulmane et le ministère de la Bible audio se sont développés.

Un participant a quant à lui fondé Global Link Afrika, un service de mobilisation missionnaire qui s’efforce d’envoyer des missionnaires issus des Églises locales en Ouganda, tandis qu’une participante a fondé Women in the Window International, qui a depuis équipé et autonomisé des centaines de femmes leaders en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. En Éthiopie, Cape Town 2010 a déclenché une nouvelle ère d’envoi de missionnaires, et aujourd’hui, un nombre important de missionnaires éthiopiens servent à l’extérieur du pays.

Nouvelles missions dans l’Église roumaine

« J’ai été fortement motivé à m’engager pour la mobilisation de l’Église. J’ai donc simplement commencé à mobiliser nos membres pour la mission en Roumanie et auprès des Roumains dispersés dans toute l’Europe. Avec le recul, je vois des centaines d’Églises qui assument le mandat missionnaire, des milliers de croyants qui ont compris l’importance de la mission, et des centaines de jeunes enrôlés dans des missions de courte durée ou consacrés pour un ministère de longue durée. »

Mission existante, nouveau service

« Ayant participé à Cape Town 2010 en tant que président de l’Association des missions évangéliques du Ghana, j’ai depuis été plus actif pour amener notre mouvement missionnaire national à mettre en œuvre le programme qui cible les groupes de peuples non atteints. »

III. Relations significatives

« Cape Town a contribué à jeter les bases d’une plus grande harmonie et d’un plus profond respect mutuel entre les différents missionnaires travaillant parmi les musulmans et dont les philosophies de ministère peuvent être différentes. »

Affirmation de l’enquête : Grâce à Cape Town 2010, j’ai pu entrer en contact avec d’autres responsables chrétiens dont les idées ont conduit à une plus grande fécondité de mon ministère, au lancement d’un nouveau service, ou à un projet de mission par l’entreprise. 86 % des répondants sont d’accord (46 %) ou tout à fait d’accord (40 %) avec cette déclaration.

Connecter les acteurs clés est l’un des principaux objectifs du Mouvement de Lausanne. Par la participation aux groupes de table, aux ateliers, aux repas et aux mille autres temps de rencontre inattendus et divinement orchestrés, une majorité de participants a fait l’expérience du pouvoir de la connexion. Voici quelques instantanés des nombreux récits de choses vécues que nous avons entendues :

  • Un déjeuner entre deux délégués, l’un d’Australie et l’autre d’Afrique du Sud, a conduit à inviter le premier à intervenir comme orateur, ce qui a par la suite abouti à la création d’un ministère local permanent en Afrique du Sud.
  • Le film Los Traficantes a été produit par un participant à Cape Town 2010. Son scénario raconte l’histoire d’un ancien baron de la drogue à Tijuana, au Mexique, qui accepte le Christ en prison. Le film a été montré dans de nombreuses prisons, sur une grande chaîne de télévision câblée en langue espagnole, ainsi que dans des cinémas et des festivals de cinéma du monde entier. Or il n’aurait pas pu voir le jour sans Cape Town 2010, où une connexion établie lors de l’un des groupes de table a permis de trouver la personne recherchée pour remplir un rôle clé au sein de l’équipe de tournage.
  • Il se trouve que les participants Juifs et Palestiniens avaient leurs salles de prière respectives à proximité l’une de l’autre dans le centre des congrès du Cap. Les deux groupes ont choisi de se réunir dans une même pièce. L’atmosphère était un peu tendue au début, mais « pendant que nous priions, les murs ont commencé à s’écrouler et nous nous sommes serrés dans les bras avec une véritable affection chrétienne ».

Une connexion débouche sur l’accréditation d’une école

« Ma femme et moi dirigions une école de musique et de louange au Royaume-Uni depuis 12 ans. Avant Cape Town 2010 (…) elle n’était toujours pas accréditée en raison de particularités du système universitaire britannique. Cela faisait plusieurs années que j’avais envie de rencontrer Trevor Sampson, l’un des directeurs de louange du congrès [qui faisait partie des accréditeurs]. J’ai décidé d’assister à un séminaire qu’il organisait dans l’espoir d’avoir des nouvelles.

Le lieu du séminaire a changé à la dernière minute et en allant vers la nouvelle salle, je me suis retrouvé à côté de Trevor. Il a vu mon badge indiquant ma provenance : « Coventry, UK ». Il me dit : “Ah, Coventry. Il y a là une école de louange avec laquelle j’ai souhaité prendre contact depuis des années. La connaissez-vous ?ˮ À quoi j’ai répondu : “C’est moi qui ai commencé cette école et je voulais moi aussi entrer en contact avec vous.ˮ Nous avons pris un café ce soir-là et nous avons parlé pendant trois heures. Trevor m’a mis en contact avec un ami à Londres qui a organisé l’accréditation de notre programme d’études qui était restée bloquée pendant des années. Ce fut clairement un rendez-vous décidé par Dieu et qui a eu lieu “en susˮ de la grille des programmes officiels du congrès. »

IV. Collaboration / partenariat

« Nous nous sentons très redevables envers Lausanne et sa capacité à rassembler le monde, à prendre appui sur de grandes idées pour faire une grande différence. »

Affirmation de l’enquête : Grâce à Cape Town 2010, j’ai pu entrer en contact avec d’autres responsables chrétiens dont les idées ont conduit à une plus grande fécondité de mon ministère, au lancement d’un nouveau service, ou à un projet de mission par l’entreprise. 70 % des répondants sont d’accord (39 %) ou tout à fait d’accord (31 %) avec cette déclaration.

Certains des plus grands impacts de Cape Town 2010 sont dus aux collaborations catalytiques entre les participants. Les répondants ont déclaré, avec l’étonnant pourcentage de 70 %, qu’ils avaient conclu un partenariat de collaboration à la suite de la rencontre, et pour beaucoup avec un autre participant de Cape Town 2010.

La Serbie et l’Inde se font du bien mutuellement

« J’ai rencontré un participant venu d’Inde, qui dirige une école biblique dans son pays, un ministère semblable à celui que je dirige en Serbie. Nous sommes devenus de grands amis et des co-ouvriers. À plusieurs reprises, je suis allé en Inde donner des cours, avec quelques professeurs de notre centre de formation. Bientôt, nous accueillerons un responsable de l’Inde ici en Serbie. De notre relation ont découlé tant de bénédictions pour nous et pour notre ministère. Gloire à Dieu ! »

Un groupe de table continue de s’agrandir

« J’ai rencontré beaucoup de merveilleux responsables au cœur de serviteur et je reste en contact avec les participants qui étaient à ma table. Cape Town 2010 m’a également permis de présenter les uns aux autres plusieurs leaders mondiaux clés qui sont mes amis. En janvier 2015, j’ai organisé chez moi une rencontre d’une semaine pour ces leaders-serviteurs venant de différents pays. J’avais aussi invité d’autres leaders qui ont à cœur le Royaume de Dieu, et nous avons mis en place un réseau souple, où nous nous entraidons dans le cadre d’un travail mondial parmi les peuples non atteints, intégrons divers domaines de compétence et continuons à nous réunir durant une semaine chaque année en janvier. Les participants ont maintenant entamé un nouveau chapitre dans la région méditerranéenne. Cape Town 2010 a joué un rôle crucial pour permettre à Dieu de mettre cela en place. »

Une Église de centre-ville trouve des possibilités de mission

« La Uptown Baptist Church, située au centre-ville de Chicago, a collaboré avec Princess Kasune Zulu, l’une des nombreux intervenants de plénière de Cape Town 2010, ainsi qu’avec Fountain of Life en Zambie, pour annoncer la bonne nouvelle, apporter des fournitures médicales et de l’eau douce dans les villages de Zambie. Depuis, nous avons adopté le groupe ethnique Zaramo en Tanzanie et nous avons effectué de nombreux voyages missionnaires dans les villages pour y porter l’Évangile de Jésus-Christ. Nous avons réussi à implanter deux Églises de village sous la direction des missionnaires de l’IMB. À Dieu soit toute la gloire ! »

Initiative de dialogue avec les orthodoxes

« Lors de Cape Town 2010, quelques leaders évangéliques ont rencontré certains des observateurs orthodoxes présents, ce qui a donné naissance à l’Initiative de dialogue avec les orthodoxes du Mouvement de Lausanne. Dix ans plus tard, nous sommes devenus un réseau mondial de leaders orthodoxes et évangéliques qui cherchent à s’encourager et à se soutenir mutuellement dans la mission de Dieu. Nous avons organisé des consultations régulières, nous avons entrepris des projets ensemble, et nous sommes sur le point de publier notre deuxième livre. »

Amélioration / élargissement de réseaux existants

Plusieurs réseaux thématiques du Mouvement de Lausanne ont connu un tournant à Cape Town 2010 et n’ont cessé de se développer depuis.

Tim Keller, Bob Doll et Mac Pier, tous trois participants à Cape Town 2010, se sont rencontrés au cours de deux petits déjeuners pendant ce rassemblement. Ces repas les ont amenés à s’associer, un pasteur, un leader dans le monde du travail et un expert en matière d’organisation à but non lucratif – le type de partenariat qui était pour eux la clé de l’accélération de l’annonce de l’Évangile à New York. De leur collaboration au Cap, Movement Day [journée du Mouvement], qui joue le rôle de réseau thématique Villes du Mouvement de Lausanne, a connu une accélération jusqu’à devenir un mouvement mondial. Cette croissance exponentielle a conduit 2 000 participants de 900 villes à se rassembler pour le récent événement virtuel du 10e anniversaire.

Avant 2010, la traduction de la Bible et l’interaction avec les Écritures étaient souvent considérées comme des courants distincts. Au Cap, cependant, ces deux courants se sont réunis sous le thème commun éradiquer la pauvreté biblique. Ce partenariat entre la traduction et l’interaction a permis l’épanouissement des deux activités. La traduction est passée d’un projet majoritairement occidental à un projet véritablement mondial, avec des personnes de plus de 100 nations qui travaillent à la traduction dans plus de 2 007 langues. Et l’énergie de Cape Town 2010 a alimenté un mouvement croissant pour interagir avec les Écritures dans le monde. Aujourd’hui, les deux courants sont réunis sous le nom de Réseau thématique Interaction avec les Écritures.

Les réseaux Mission par les affaires  / le monde de l’entreprise , Mission intégrale et Ministère auprès des étudiants internationaux font partie eux aussi des nombreux réseaux qui ont connu une croissance concrète et passionnante grâce aux mises en relation réalisées lors de Cape Town 2010.

V. Impact des participants sur d’autres

« Après l’infaillible Parole de Dieu (la Bible), l’Engagement du Cap est le fondement sur lequel s’appuient les valeurs et les principes de notre ministère. »

Affirmation de l’enquête : Depuis Cape Town 2010, j’ai utilisé ce que j’ai appris pour former, encadrer ou coacher un.e autre chrétien.ne ou plusieurs. 88 % des répondants sont d’accord (46,3 %) ou tout à fait d’accord (41,3 %) avec cette déclaration.

Dans les écoles bibliques, les universités, les églises, les consultations, les hôpitaux et d’innombrables autres lieux, les participants à Cape Town 2010 ont mis en pratique ce qu’ils ont appris, formant ainsi d’autres personnes au mentorat, à la formation et au coaching.

L’Engagement du Cap a été l’un des documents les plus percutants issus de ce rassemblement. Il a non seulement servi de feuille de route au Mouvement de Lausanne pendant ces dix dernières années, mais il continue d’influencer l’enseignement délivré dans les centres de formation, les agences d’envoi en mission et d’autres services chrétiens.

A.Formation, mentorat, coaching

« J’ai utilisé ce que j’ai appris au Cap pour enseigner à mon personnel ici à l’hôpital général de la mission coréenne. »

« L’étude de l’épître aux Éphésiens [lors de Cape Town 2010] a radicalement changé la façon dont j’apprends les Écritures, et j’encourage maintenant ceux qui sont dans mon ministère à faire de même. »

B. Impact permanent de l’Engagement du Cap

Universités

« J’ai commencé à enseigner la Mission par les affaire à l’école biblique, il y a quelques années, en me basant sur les idées et les documents que j’avais reçus au Cap. L’Engagement du Cap est le document essentiel de tous mes cours de missiologie. »

Croissance exponentielle de l’efficacité du développement du leadership

« Jusqu’en 2010, nous nous étions concentrés sur le développement du leadership, mais nous avons constaté que, hormis la confession sincère de leur croyance et de leur adhésion aux principes et aux valeurs, les leaders formés ne faisaient pas preuve d’une solide capacité à changer leurs schémas de vie personnelle et de ministère. À Cape Town 2010, le lien entre leaders construit sur une base solide de discipulat nous a soudain ouvert les yeux sur une valeur clé pour notre futur ministère. Depuis, nous concentrons environ trois quarts de nos efforts ministériels sur le développement du caractère spirituel personnel des leaders chrétiens. Le dernier quart traite des aspects du développement du leadership. Et les résultats sont fulgurants : les leaders et leur impact grandissent à vue d’œil. »

VI. Conclusion

Ces récits et ces citations ne sont qu’un échantillon représentatif des centaines de commentaires positifs générés par l’enquête. En résumé, Cape Town 2010 a fait progresser l’Église mondiale vers l’accomplissement de sa mission. En effet :

  • Les perspectives et les attitudes de nombreux responsables de missions mondiales ont évolué
  • De nouveaux ministères d’évangélisation et de formation de disciples sont nés
  • Les influenceurs et les idées pour une mission mondiale ont été connectés
  • Des partenariats et des initiatives de collaboration entre responsables de la mission dans le monde ont été favorisés
  • La coopération interdisciplinaire pour des solutions innovantes et créatives a été encouragée
  • Des centaines de millions de dollars pour les missions ont été indirectement générés
  • L’engagement du Cap est né.

À Dieu soit la gloire pour tout ce qu’il a fait grâce à Cape Town 2010 – pour tous ceux qui ont participé au rassemblement, et tous ceux qui l’ont rendu possible grâce à leur généreux investissement dans le royaume.

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