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«Les Églises doivent chercher à transformer la culture et à l’enrichir pour la plus grande gloire de Dieu », affirme la Déclaration de Lausanne (Déclaration de Lausanne alinéa 10). Mais en quoi consiste la transformation ? « En réalité la transformation est complexe et souvent mal comprise. (…) À l’heure actuelle, il n’y a guère d’accord quant à savoir ce à quoi devrait ressembler la transformation », écrit Rupen Das dans «
Dieu est à l’œuvre pour transformer le monde ». « Nulle part dans les Écritures nous ne sommes appelés à transformer le monde », affirme-t-il. Cependant, il conclut que : « Si Dieu ne nous appelle pas à transformer la société, il nous appelle à être des témoins de la réalité du royaume de Dieu et de son roi (…) Au sein d’une culture qui spolie la vie des gens, c’est en faisant preuve de compassion que nous témoignons et que nous sommes partenaires de Dieu dans sa mission, en étant des défenseurs de la justice, et en proclamant un Rédempteur dans un monde pécheur et brisé. »

Les communautés chrétiennes peuvent-elles utiliser leurs arts traditionnels pour refléter la réalité et les valeurs du royaume de Dieu ainsi que la beauté de sa sainteté ? Dans son article intitulé « Les arts ne sont pas une langue universelle », Héber Negrão recommande vivement « l’utilisation des arts dans des pratiques cultuelles culturellement appropriées dans le travail missionnaire. » Le développement de l’ethnodoxologie a promu les arts comme «  un moyen de communication efficace et, correctement abordés, ils peuvent transmettre avec force le message de l’Évangile à la culture visée. » Cependant, l’auteur note que « dans chaque culture, des aspects qui peuvent être utilisés pour glorifier Dieu, mais aussi des expressions culturelles qui ont été contaminées lorsque l’humanité a péché. » Pour parvenir à « des Églises profondément enracinées dans le Christ et étroitement rattachées à la culture de leur pays » (Déclaration de Lausanne alinéa-10 ), nous pouvons obtenir l’aide de personnes bien qualifiées telles que les « praticiens de ministères artistiques », voilà ce que propose Byron Spradlin dans l’article « Le rôle essentiel des artistes et musiciens chrétiens dans les missions ».

Byron Spradlin plaide pour la formation d’une « communauté chrétienne autochtone » où « des expressions culturellement pertinentes de leur foi et de leur culte » sont respectées. Il écrit : « Les communicateurs artistiques et les spécialistes de l’expression artistique occupent une place centrale dans le développement de la formation des communautés chrétiennes autochtones, bien qu’ils ne soient souvent pas valorisés. » La passion de l’auteur pour les soutenir et les équiper l’a conduit « à lancer Artists in Christian Testimony International (A.C.T. Intl– Artistes dans le témoignage chrétien), une agence missionnaire composée de musiciens et d’artistes, et d’autres initiateurs de ministères créatifs de toutes sortes, chacun et chacune étant engagé dans le culte autochtone et la formation de communautés chrétiennes. » Il faudrait beaucoup plus d’agences missionnaires et d’Églises disposant de « structures de facilitation du ministère en nombre suffisant », et « une formation plus approfondie, afin d’équiper les artistes qui ressentent l’appel de Dieu au ministère. »

Si nous n’avons aucune considération ni aucun respect pour les valeurs culturelles de la personne à laquelle nous présentons l’Évangile, « nous pouvons offenser tant par le mode de présentation que par le contenu de notre message. » En mettant l’accent sur les cultures qui valorisent la paix et la tolérance, Michael Hart, dans « Proclamer un Évangile offensif au sein de cultures de paix », affirme que « la proclamation proactive et les relations profondes font partie intégrante d’un partage efficace de la bonne nouvelle. » Il propose tout d’abord de s’efforcer de comprendre ces cultures, puis de « construire des  » structures de plausibilité  » qui aident à combler le fossé avec les personnes issues de cultures pacifiques (…) – des contextes, des systèmes ou des cadres dans lesquels les croyances individuelles sont crédibles », et enfin de « fournir les matériaux et les plans appropriés pour la construction d’une nouvelle structure. » Cependant, « Il est important de savoir reconnaître les éléments constitutifs de la tolérance, du respect et de l’affirmation dans les cultures pacifiques », si nous voulons proclamer l’Évangile de manière efficace « en paroles et en actes ».

Puissions-nous trouver les articles de ce numéro utiles pour comprendre ce que sont un culte et une évangélisation sensibles à la culture et comment cette connaissance peut transformer positivement les missions dans le monde.

Lausanne Global Analysis est également disponible en portugais, espagnol, anglais et coréen. Veuillez envoyer vos questions et commentaires sur cette question à [email protected] Le prochain numéro paraîtra en novembre 2022.

Loun Ling Lee est la rédactrice en chef de l’Analyse mondiale de Lausanne. Elle a été chargée de cours sur la mission au Redcliffe College, au Royaume-Uni, directrice de la formation d’AsiaCMS basée en Malaisie, directrice exécutive de MSI Professional Services (Malaisie), mobilisatrice de mission auprès de la mission OMF (Singapour) et pasteure de la Grace Chinese Church à Singapour.