Comment faire la mission dans notre monde divisé et blessé d’aujourd’hui ? Dans son article « Au-delà d’Édimbourg 2010 : une décennie après le centenaire d’Édimbourg 1910, où en est la mission ? », où elle aborde cette question cruciale pour la mission mondiale, Kirsteen Kim, doyenne associée du Centre de recherche missiologique du Fuller Theological Seminary, réfléchit aux leçons tirées de trois événements importants de ce centenaire : Édimbourg 2010, Cape Town 2010 et Tokyo 2010. Pour comprendre les nombreuses facettes de la mission et du christianisme mondial actuels, elle propose des ressources utiles telles que la série de livres qui a émergée d’Édimbourg 2010, série qui offre collectivement « un large éventail de la pensée missionnaire au début du vingt-et-unième siècle ». Elle pense que « ces ressources peuvent alimenter et soutenir la mission dans le monde blessé des années 2020 ».

En clôture de la conférence Édimbourg 2010, une déclaration a été publiée sous le nom d’Appel commun qui « exprime le fort sentiment d’interconnexion mondiale par l’Esprit Saint, conduisant à “favoriser des échanges mutuels et des relations de partenariat, travailler ensemble et constituer entre nous des réseauxˮ ». Cet appel ne pouvait que rencontrer un écho chez Kirst Rievan, responsable pour la région Asie-Pacifique d’une organisation mondiale de développement confessionnelle. Le fonctionnement des missions a connu un changement sismique au XXIe siècle. L’épicentre de l’Église mondiale s’est déplacé de l’Occident vers le monde majoritaire. Dans ce nouveau contexte, Kirst Rievan, dans son article intitulé « Les étrangers sont-ils encore nécessaires à l’ère de la mission autochtone ? » avance que le rôle des travailleurs missionnaires occidentaux dans le monde non occidental est passé « d’acteur à facilitateur, d’initiateur à catalyseur, de maitre de maison à invité et de héros à outil ». Soutenu par des exemples d’approches et de stratégies pour les étrangers, il est convaincu qu’un partenariat de collaboration entre les locaux et les expatriés est la clé d’un nouveau paradigme fructueux pour la mission.

Un autre type de partenariat est également vital pour que l’Évangile apporte la guérison à notre monde brisé. Il s’agit du partenariat hommes-femmes, comme l’illustrent avec force Chad et Leslie Neal Segraves, co-catalyseurs du réseau Hommes et femmes, partenaires pour l’Évangile, dans « Cinq commandements bibliques pour Hommes et femmes, partenaires pour l’Évangile ». À la lumière des cinq premiers commandements de Dieu dans Genèse 1, ils examinent « les tendances principales du partenariat homme-femme », exposent les oppositions courantes qui entravent ces partenariats et proposent des suggestions pratiques pour surmonter les obstacles, afin que ces commandements puissent être vécus « pour honorer le Christ et être une bénédiction pour la société ». L’article contient des exemples inspirants de formation fructueuse de disciples grâce à de tels partenariats dans différentes régions de l’Église mondiale — des hommes et des femmes ordinaires utilisant ensemble leurs compétences pour avoir un impact sur la culture et la société, là où Dieu les a envoyés.

Le renforcement du partenariat homme-femme ouvre également la voie à la prévention de la violence sexiste à l’égard des femmes. Dans « La violence sexiste et l’Église », Analia Saracco, Directrice de l’aumônerie de l’institut théologique FIET (Faculté internationale d’enseignement théologique), s’élève avec audace contre la violence généralisée à l’égard des femmes, tant dans la société que dans l’Église. Les causes profondes se trouvent souvent dans nos discours et idéologies. Elle lance des avertissements clairs sur la manière dont l’action des Églises peut faciliter la violence sexiste, intentionnellement ou non, et met en évidence trois actions clés pour prévenir cette violence dans l’Église : « transformer les croyances au niveau des dirigeants », « refléter l’égalité de manière concrète dans la vie quotidienne de l’Église » et « prendre en compte la présence de sujets liés à l’appartenance sexuelle dans les célébrations liturgiques ».

Que toutes nos paroles et tous nos actes, y compris nos principes et pratiques missionnaires, traduisent l’Évangile de Jésus-Christ et transforment notre Église fragmentée et notre monde désintégré.

L’Analyse Mondiale du Mouvement de Lausanne est également disponible en portugais, espagnol et anglais. Veuillez envoyer toutes les questions et commentaires sur ce numéro à l’adresse : [email protected]. Le prochain numéro paraîtra en septembre 2021.

Loun Ling Lee est la rédactrice en chef de l’Analyse mondiale de Lausanne. Elle a été chargée de cours sur la mission au Redcliffe College, au Royaume-Uni, directrice de la formation d’AsiaCMS basée en Malaisie, directrice exécutive de MSI Professional Services (Malaisie), mobilisatrice de mission auprès de la mission OMF (Singapour) et pasteure de la Grace Chinese Church à Singapour.

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