Dans ce numéro, nous nous concentrons sur les impacts à long terme de la COVID-19 qui nous touchent en tant qu’individus, Église et société. Les articles nous donnent de multiples perspectives – historiques, sociales, politiques, économiques, environnementales et théologiques – sur la pandémie de COVID-19.

Nous commençons avec COVID-19 : Imaginer un paysage post-virus par Rory Macleod et David Taylor. Rory, directeur général d’Objective Analysis, et David, ancien rédacteur en chef de l’Analyse mondiale du Mouvement de Lausanne, cherchent à situer les leçons contemporaines de la COVID-19 dans le cadre plus large des événements historiques de la période 1914-1945 qui a englobé deux guerres mondiales. Ils analysent notamment les impacts sociaux, économiques et environnementaux de ces événements qui sont similaires à ceux causés par la COVID-19. Ces calamités suscitent de nombreuses incertitudes, mais une chose est sûre : le monde post-coronavirus « ne sera, à certains égards importants, plus le même ». Les auteurs invitent les dirigeants chrétiens à « organiser leur réflexion face à un paysage dont les caractéristiques importantes resteront largement inconnues pendant un certain temps » et à « commencer à établir des plans prudents pour faire face aux changements de contexte de leurs activités ».

Bien que nous reconnaissions qu’il existe de nombreux défis et possibilités de mission dans une ère intra et inter-pandémique, la compréhension des tendances politiques, économiques, environnementales et sociales mondiales éclairera la nouvelle « normalité » de la vie pendant cette période. Dans son article Assoiffés de bonnes nouvelles en période de pandémie, Carol Kingston-Smith, conférencière indépendante, écrivaine, mentor et co-fondatrice de JusTice Initiative, nous guide à travers ces tendances et suggère trois dons clés que l’Église en mission pourrait offrir en réponse à la nécessité de « servir le bien commun avec foi, espoir et amour dans un monde intra et inter-pandémique : le don d’une présence “enracinéeˮ et fidèle », « le don de “l’amour et de la pondérationˮ et « le don de la collaboration ».

« La pandémie COVID-19 a encouragé les dirigeants des Églises du monde entier à se poser des questions pertinentes sur la vie de l’Église. Lorsque nous sortirons de la crise et entrerons peut-être dans une “nouvelle normalitéˮ, les Églises locales devront-elles repenser le rôle du discipulat, de la mission et de l’Église ? Si c’est le cas, l’expérience des “expressions nouvellesˮ pourrait alimenter cette auto-évaluation », écrit Michael Moynagh, un théologien anglican de premier plan en matière d’expressions nouvelles. Dans Des communautés chrétiennes pour chaque contexte, outre le fait de poser les bases théologiques de ces « nouvelles expressions », Michael présente quelques modèles pratiques pour cette approche intégrée de la mission. Il conclut que les « nouvelles expressions expriment la tradition » transmise par les anciennes assemblées « de manière innovante pour attirer des personnes évoluant dans des contextes non encore atteints. »

Repenser le discipulat et la mission en l’inscrivant dans le contexte de la souffrance du monde, voilà le défi qu’Israel Oluwole Olofinjana lance à l’Église, en particulier l’Église en Occident. Israël est est le directeur fondateur du Center for Missionnaries from the Majority World. Il est aussi pasteur baptiste au Royaume-Uni. Dans son article, intitulé Décoloniser la mission, il affirme que « les personnes issues du Monde majoritaire semblent souffrir davantage en raison de problèmes systémiques et structurels dans notre monde injuste », et que l’Église mondiale peut s’inspirer des chrétiens du Monde majoritaire et de leurs théologies portant sur des modèles de vie de disciple « enracinés dans la souffrance et le sacrifice causés par l’inégalité économique et sociale ». Il pose la question : « Qu’y a-t-il de plus passionnant que d’entendre la voix de théologiens africains ou latino-américains dans nos apologétiques, nos conversations autour de l’Église missionnelle et nos formations de disciples en Occident ? » – une question qui fait réfléchir.

J. Kwabena Asamoah-Gyadu, professeur de christianisme africain et président du Trinity Theological Seminary, au Ghana, réfléchit sur les célébrations en 2020 de certains des événements les plus importants du calendrier chrétien : la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte. Ils ont été célébrés « au plus fort de la pandémie de COVID-19 ». Dans Calendrier Chrétien et COVID-19, il nous invite à participer à son voyage biblique à travers ces événements et à découvrir les similitudes de contexte et d’atmosphère entre ces événements historiques et la pandémie actuelle. Dans toutes ces situations de souffrance et de douleur dans la vie, nous sommes confrontés à « l’énigme du mal face à la réalité d’un Dieu compatissant ». Notre espoir réside dans le pouvoir souverain de Dieu, car « dans l’histoire divine du salut, le mode confinement n’est jamais une condition permanente car le mal n’a jamais le dernier mot, tant que Dieu règne », conclut J. Kwabena.

Nous prions pour que ce numéro nous aide à discerner comment l’Esprit nous conduit vers sa « nouvelle normalité ».

L’Analyse mondiale du Mouvement de Lausanne est également disponible en anglais, espagnol et portugais. Veuillez envoyer vos questions et commentaires sur ce numéro à [email protected]. Le prochain numéro sortira en novembre.

Loun Ling est la rédactrice en chef de l’Analyse mondiale de Lausanne. Elle a été chargée de cours sur la mission au Redcliffe College, au Royaume-Uni, directrice de la formation d’AsiaCMS basée en Malaisie, directrice exécutive de MSI Professional Services (Malaisie), mobilisatrice de mission auprès de la mission OMF (Singapour) et pasteure de la Grace Chinese Church à Singapour.

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